Maroc, un pays coloré

C’est au début du mois de novembre 2015 que je pousse mon vélo dans le ferry qui me fera traverser le détroit de Gibraltar. Je me doute bien que ce nouveau continent entraînera un changement de culture et que mes petites habitudes de voyageur en Europe allaient être perturbées. Mais je ne me doutais pas que les différences allaient être aussi importantes. Le passage de la frontière à Ceuta se déroule sans problème et le premier jour j’arrive à changer des € en Dirham, à trouver un camping et une carte SIM marocaine.

Arrivé seul au Maroc pour la première fois, c’est un peu comme marcher dans une pièce inconnue les yeux bandés ! La découverte se fait en tâtonnant, chercher ses repères et en définir de nouveaux. La manière de vivre est fondamentalement différente de l’Europe et l’acclimatation va me demander un peu plus de temps que prévu. J’en profite au passage pour remercier énormément ma tante Danièle, mon amie Nadia, mes parents et Carel (rencontré le soir le plus difficile de mon voyage). Ces personnes m’ont soutenu, conseillé et écouté les premiers jours durant lesquels j’étais seul. Malgré mon manque de confiance en moi et l’embarras que j’éprouve lorsque je traverse les villes ou les villages alors que les regards des autochtones sont fixés sur moi, je découvre un Maroc qui me plait énormément. 

Afin de m’acclimater, je décide de faire une pause à Chefchaouen dans une auberge de jeunesse. Les rencontres avec d’autres touristes me permettent de discuter et de me rassurer pour la suite du voyage. J’espère secrètement trouver un autre fou à vélo pour m’accompagner et je poste un message sur le site de cyclistes voyageurs.

Ma bonne étoile écoute ma requête et me fait rencontrer, complètement par hasard, Anton qui débarque avec son vélo dans la même auberge que moi. Anton est un vrai ami, aventurier et ouvert, je décide de poursuivre mon voyage au Royaume avec lui et grâce à lui, les “je” se transforment en ”nous” pour novembre et décembre 2015.

Voyager avec Anton c’est du bonheur, c’est le plaisir de partager en direct les émotions, les difficultés, les repas. C’est aussi avoir de vraies discussions, de vrais échanges. Décidément une belle aventure partagée. 

La traversée du Royaume n’est pas prévue en ligne droite et nous rejoignons le désert en passant par Fès et sa fameuse médina, truffée de minuscules ruelles que nous traversons en poussant nos montures. 

Depuis le désert nous remontons jusqu’à Marrakech, en passant par Ouarzazate et le col du Tichka. Et finalement nous rejoignons la côte à Essaouira.

Nous sommes tous les deux désormais habitués au us et coutumes du Maroc; les camions super chargés et les ânes sur la route ne nous surprennent plus.

Les Marocains sont vraiment très accueillants et il ne se passe pas un jour sans que quelqu’un nous encourage, soit en klaxonnant soit en levant le pouce. En dehors des grandes villes, l’ambiance est plutôt paisible et les autochtones mettent tout en oeuvre pour que l’on se sente bien.

Je quitte Anton à l’aéroport d’Adagir et rejoins Sidi Ifni. À nouveau, ma bonne étoile me fait rencontrer Patrick, propriétaire de la maison d’hôtes Xanadu. Patrick et ses employés Saïd, Fatima, Najia deviendront de vrais amis et je suis heureux de pouvoir passer les fêtes de fin d’année en leur compagnie. Si vous venez au Maroc, Xanadu est définitivement la maison d’hôtes la plus accueillante de la région. 

Durant une pause de 12 jours à Xanadu, je profite des précieux conseils de Patrick pour préparer la suite du voyage et les 2000 km qui me séparent de Dakar au Sénégal (voir la carte du trajet prévu). Nettoyage du vélo, des vêtements, achat d’un drapeau marocain, préparation de fiches pour les nombreux contrôles de police et analyse en détail des points de ravitaillement scrupuleusement répertoriés par Jean-Baptiste un autre fou furieux à vélo qui a traversé le continent africain en 2013.

Photos du Nord du Maroc

Photos du Centre du Maroc et du Désert

Une rivière au Maroc un peu avant Fèsvillage des montagnes de latlas

Photos de la côte ouest du Maroc